S’il y a une graminée indigène qui retient particulièrement mon attention, c’est bien Andropogon gerardii. A une époque où les troupeaux de bisons parcouraient librement les vastes prairies canadiennes, cette graminée en occupait une large part du paysage. Moins fréquente au Québec, elle y est également indigène.
C’est une graminée de saison chaude, c’est à dire qu’elle se développe seulement à partir de la fin du printemps, quand la chaleur est bien installée. Mais on ne perd rien pour attendre.
J’aime son feuillage fin et arqué, qui prend des couleurs écarlates en automne. Et le contraste de ses épis floraux, hauts et bien droits au début de l’automne. L’inflorescence est d’une forme singulière qui lui donne son surnom de pied de dinde (Turkey’s foot).
D’une grande adapatabilité, elle affectionne tant les sols plutôt humides que bien drainés, argileux ou sablonneux. Aucunement envahissante, même pas drageonnante, elle pousse bien sagement là où on l’installe. Rabattez-la seulement au printemps pour profiter de sa silhouette pendant l’hiver.
On l’utilise pour l’ornementation, la stabilisation des sols, la végétalisation de lieux perturbés, les bandes riveraines, ainsi que dans la prairie sauvage. On peut l’associer avantageusement avec d’autres espèces indigènes telles que les Aster sp., Heliopsis helianthoides, Echinacea sp., Lilium canadense, Monarda fistulosa, Sanguisorba canadensis, Solidago canadensis.